Vous rêvez de lointains périples ? Il est d’autres voyages, ô combien plus ensorcelants. Bienvenue sur notre bonne vieille Terre, il y a 320 millions à 370 millions d’années ! Ou plutôt, bienvenue dans les eaux de la Planète bleue, à l’heure où d’intrépides créatures s’apprêtaient à en sortir. En ces temps reculés, des pionniers aquatiques se sont lancés à l’assaut d’un nouvel eldorado : les terres émergées. Beaucoup y laissèrent des écailles.
Quelques élus en réchappèrent ; certains ont prospéré. De leur audace est née l’aventure évolutive des vertébrés terrestres à quatre pattes. Ces poissons ont donné naissance aux « tétrapodes » terrestres qui, à leur tour, ont évolué pour former les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères que nous connaissons aujourd’hui. Une fabuleuse success story, donc – du moins, jusqu’à sa récente mise en péril.
Quelles ont été les innovations génétiques, physiologiques et mécaniques qui ont permis cette colonisation du milieu terrestre ? Une série d’études récentes révèlent quelques surprises. Leur principe : les chercheurs tentent de remonter le temps en déchiffrant les génomes d’espèces actuelles de poissons, mais qui semblent avoir très peu évolué depuis leur apparition – des espèces qualifiées un peu abusivement de « fossiles vivants » ou d’« espèces reliques », comme le fameux cœlacanthe. Puis ils comparent ces génomes « anciens » avec ceux d’espèces modernes de poissons ou de vertébrés terrestres. Les régions du génome qui présentent de plus grandes différences sont celles qui sont susceptibles d’avoir joué un rôle évolutif majeur. Au-delà de la seule lecture du génome, les chercheurs s’intéressent aussi aux gènes dans les différents organes corporels : ils en déduisent leur importance dans la fonction de ces organes.
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